
Un casting fabuleux pour un film fabuleux ! - Ce film est réalisé par Terry Gilliam. Il n a pas été mentionné sur cette page et pourtant ! Il a mis sa touche personnelle, la même touche personnelle que dans le film Brazil. Une atmosphère crépusculaire, celle qui déborde dans le court métrage, le petit film dont Gilliam s est inpiré, La jetée. Un film qui fit exploser Brad Pitt cette même année ou un autre film, Seven, déferlait dans les salles.
Vous pensiez regarder de la SF ? - Terry Gilliam n est jamais là où on l attend. En l occurrence, en réalisant L armée des douze singes, avec un casting des plus hollywoodiens, le créateur génial de Brazil en a surpris plus d un. Mais le voyage dans le temps qu il nous propose ici est autrement plus complexe et plus profond que Terminator. Esthétiquement ébourriffant, doté d interprètes au top de leur forme, et porté par un scénario en béton armé, L armée des douze singes fait partie de ces films qu on peut voir et revoir à l infini, ou presque.
Excellent. - Brad Pitt fabuleux dans la demesure et toujours à la limite de sombrer dans la folie. Willis qui ne contente pas de jouer les gros bras et laisse transpirer un peu d humanité dans un monde souterrain où il n en reste guère. Madeleine Stowe sompteuse.Un scénario parfaitement ficelé avec les aléas de retours dans le passé dont le moins que l on puisse dire c est qu ils manquent de précision... mais qui assure la construction du film d une façon architecturale, pierre après pierre.Et lorsque l édifice enfin bati se laisse voir, la surprise est de taille....
La spirale ou le cercle : aperçu d une machine à exploser le temps - Scénario dans le style de Terminator : un homme des années 2030, nommé James Cole (Bruce Willis), envoyé dans le passé pour empêcher qu un cataclysme planétaire se produise, devient involontairement la cause, restée inaperçue, dudit cataclysme. Du moins sommes-nous amenés à le croire un certain temps...Ce film est une relecture de La jetée de Chris Marker, ainsi que de Vertigo d Hitchcock (dont est citée la séquence où James Stewart et Kim Novak observent les cernes qui s enroulent dans l épaisseur d un séquoia millénaire). À propos de ce chef-d oeuvre d Hitchcock, le personnage interprété par Bruce Willis affirme qu un film « peut être vu plusieurs fois car c est nous qui changeons ». C est une façon pour Terry Gilliam de souffler aux spectateurs qu ils ont intérêt à regarder plusieurs fois L armée des douze singes. Les réponses à toutes les questions que le film nous amène à poser sont incluses dans le film mais c est à nous d assembler les éléments explicatifs. Par exemple : nous finissons par apprendre d où provient la terrible cicatrice qui barre le visage de José. Ce n est pas José qui nous révèle l origine de sa blessure, mais la psychiatre Kathryn Railly, incidemment, au cours d une de ses conférences. Quant à la bataille au cours de laquelle un éclat d obus a défiguré José, nous y avons assisté auparavant, mais du point de vue de Cole qui, à ce moment-là, était trop effrayé pour s intéresser à la blessure de son ami. Chaque personnage est détenteur de fragments de vérité, et l étrange dispositif circulaire de cette fiction permet aux spectateurs de les assembler... à la seconde vision. Car aucun flash-back ne vient repasser les plats au spectateur, lui remontrer ce que sa mémoire n a pas su enregistrer au bon moment. S il y a des flash-back, ils sont réservés au souvenir d enfance qui hante la mémoire de Cole. Revoir le film est indispensable pour bien comprendre le dénouement. Dans l avion pour San Francisco, une femme qui dit s appeler Jones et travailler dans les assurances (alors que, dans le futur, elle fait partie des scientifiques responsables de l opération Cole) est assise sur le siège voisin de celui où vient s installer l assistant du docteur Goines. Elle semble l attendre... Mais dans quel but ? Lorsque le spectateur voit le film pour la première fois, l apparition de cette femme ne peut que le désorienter. Il ne comprend plus. Sauf s il se rappelle les phrases qu a prononcées Cole lorsqu il expliquait sa mission au psychiatre Kathryn Railly, en voiture, sur la route entre Baltimore et Philadelphie.On finit aussi par comprendre pourquoi Cole, après sa première mission, s est mis à entendre des voix (effet secondaire des drogues que lui ont injectées les scientifiques pour l envoyer dans le passé). On comprendra aussi pour quelle raison il agit la plupart du temps comme un enfant... Tout est cohérent, mais les informations ne sont pas fournies dans un ordre hollywoodien classique. Dans Brazil, Terry Gilliam, en peintre qu il est par ailleurs, se montrait sensible avant tout à la composition du plan, à l aspect plastique de l image (à l instar de Peter Greenaway). Dans L armée des douze singes, s il n est toujours pas un sculpteur de la durée (contrairement à Leone ou à Kitano), Gilliam a su obtenir une parfaite fluidité dans l enchaînement des plans. Voilà un film qui fourmille de détails, d éléments secondaires, et dont pourtant la mise en scène ne souffre jamais d encombrement ou de surcharge. Nous n avons jamais le sentiment que le réalisateur cherche à « rogner les marges », à raccourcir les plans, pour réussir à enfourner l ensemble des informations. Suprême élégance. Enfin, Terry Gilliam adresse quelques clins d oeil aux admirateurs des Monty Python, dont il fut un membre éminent. Cole envoyé par erreur dans une tranchée de la première guerre mondiale, en pleine bataille, pour y faire trois petits tours avant de repartir vers 1996, ça rappelle Brian attrapé au vol par un O.V.N.I. alors qu il tombait du haut d une tour, dans la Judée de Ponce Pilate... Il y a aussi ce prêcheur que les personnages aperçoivent à Philadelphie. Ne rappelle-t-il pas les nombreux prophètes, plus ou moins persuasifs, de La vie de Brian ? Le thème du prophétisme hante le cinéma de Terry Gilliam.
Fascinant & dérangeant - Avec Bienvenue à Gattaca, c est un de films les plus fascinant et dérangeant à la fois que j ai pu voir ces dernières années. En effet, les thèmes abordés avec brio au travers de la science fiction sont on ne peut plus proches de nous (les bio technologies pour les 12 singes, le fichage et les manipulations génétiques pour Gattaca).Brad Pitt et Bruce Willis sont excellents.